Mes mots

Ah ce moment merveilleux où tu perds la connexion et te rends compte que tu viens de perdre tout le billet que tu venais d’écrire.

ouais. Pas même un début de brouillon enregistré, que dalle.

C’était un de ces articles écrits sous le coup d’une inspiration soudaine, écrit très vite, sans aucune pause, j’avais presque fini et…pouf.

le sentiment qui avait fait naître l’inspiration s’est évanoui, l’inspiration l’a alors suivi.

Bref. Avec le temps passé ces dernières semaines à batailler contre le spam et les attaques sauvages à l’encontre de mon blog, ça faisait des années que je n’avais pas consacré autant de temps à trifouiller WordPress.

J’ai alors commencé à écrire plusieurs brouillons. J’ai retrouvé ce qu’écrire me faisait.

J’aime écrire. Que ce soit manuscrit ou via un clavier. j’aime les mots. Ils me permettent d’évacuer ce qui me noue, en les posant ça et là, en les associant, je dénoue ce qui me heurte parfois profondément. Cependant, quand mes mots sont incompris, j’en souffre aussi, ils peuvent devenir mon pire ennemi. Mais comment expliquer mes mots à des gens qui n’aiment pas lire, qui semblent perdus au moindre mot sortant de leur vocabulaire.

j’ai échangé des mots difficiles avec quelqu’un l’an dernier. Un véritable dialogue de sourd, ce quelqu’un comprenait de travers chaque phrase sortant de ma bouche, j’en étais à me demander si je m’exprimais comme Bernardo sans m’en rendre compte. Puis un jour, la révélation, j’ai entendu ce quelqu’un dire qu’il ne lisait JAMAIS parce qu’il n’aimait pas ça, qu’au bout d’une page ça le saoulait déjà. *Minute connasse assumée *: Tout s’expliquait enfin ! Ignare, inculte, enfin je savais. Et j’ai enfin compris que rien n’y ferait, nous ne nous entendrions jamais, cette personne continuera de dire de moi que  » je sais énormément de choses sur plein de sujets » et que ça l’impressionne. Ben oui, je les ai lues, hé. 

Bref. Si vous êtes là, c’est que vous aimez lire un minimum. On apprend beaucoup choses en lisant. Que ce soit sur papier ou sur tablette. On n’apprend pas ce qui est important en regardant YouTube. On apprend à faire des piñatas, à plier des serviettes en forme de cygne, ou encore à crocheter des serrures, en regardant YouTube. Mais on n’y apprend pas l’essentiel. Les belles choses, les sentiments, l’imagination, ça s’apprend en lisant, en apprenant à visualiser ce que les mots veulent que l’on voit.

Les mots bien associés, posés au bon endroit, peuvent servir tant de causes, sauver tant de relations, faire sourire, faire pleurer, engager, souder, faire réfléchir, faire changer d’avis, faire évoluer.

Écrire, c’est comme vider mon cerveau de ce qui lui pèse trop, l’aider à s’alléger pour repartir plus sereinement. J’aime écrire car quand j’écris, je m’élève un peu, je m’enlève un poids, je réussis à définir ce qui me chiffonne, et tout le monde sait que ça va déjà mieux quand on arrive à mettre des mots sur ce qui nous heurte.

Et ce qui me heurte beaucoup ces temps-ci, c’est de ne pas trouver assez de gens qui saisissent l’importance des mots, de leurs mots, leur portée. Trop de gens qui parlent à tort et à travers sans la mesurer. Trop de gens qui pensent qu’un mot s’oublie aussitôt. Qui pensent qu’un mot ce n’est qu’un mot. C’est un peu comme si je ne trouvais personne pour recevoir mes mots.

Alors je reviens ici, parce qu’ici, quelqu’un les recevra. Du moins, je crois.

Je vais essayer de revenir plus souvent offrir mes mots à qui les voudra. 

One Reply to “Mes mots”

  1. En te lisant (ça + le billet « c’est ça la vie ») je me dis qu’il est temps de te recycler dans une mission liée au service de la lecture publique en collectivité. :) Réfléchis-y !

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