Et oui me revoilà. J’ai longtemps hésité à satisfaire la demande de certains entre vous concernant le récit de la naissance du Mogwaï…
Sache simplement que ça a duré 12h, avec une perte des eaux comme dans les films, et un travail de 8h, que j’ai fait ma maligne pendant 3h en rigolant jusqu’au moment où j’aurai vendu père et mère pour une péridurale, que celle-ci ne faisait plus effet au moment de l’expulsion, que le Mogwaï a decidé de se présenter face vers les étoiles au dernier moment, et que mes hurlements ont traumatisé les femmes qui attendaient à côté ainsi que le zhomme qui avait été sommé de sortir le temps que les spatules et leur copine l’épisiotomie géante fassent leur office.
Bref. La douleur oubliée, le plus beau bébé de l’univers sur mon ventre, et une nouvelle vie à 3. 5 avec les chats.
Un Mogwaï qui comme ses parents ne fait rien comme les autres, et qui a eu un début de nouvelle vie sur les chapeaux de roue avec un premier voyage en avion à 7 jours de vie avec ses deux parents pour une hospitalisation au pays des kangourous, puis après plusieurs semaines de mal bouffe où j’ai pris plus de kilos que pendant la grossesse, de successions de chambres d’hôpital parfois digne d’une ancienne prison, parfois à la hauteur d’un hôtel, d’envies multiples de meurtre sur des agents de la ca**fat, de fous rires salvateurs avec le zhomme sur notre situation, le bonheur de pouvoir s’occuper de notre fille nous mêmes malgré l’hospitalisation (bravo les Australiens pour ça), nous sommes rentrés à Nouméa commencer notre vie de famille.
Avec un bébé qui ne pleure pas en avion, ni au décollage ni à l’atterrissage ni pendant. La classe.
Après de telles aventures, le quotidien avec bébé est une partie de rigolade. Après l’avoir changée et lavée dans une dizaine d’endroits différents, parfois avec les moyens du bord, s’en occuper avec tout l’équipement de la maison : easy. Après l’avoir allaité dans les aéroports, les salles d’attente, les fauteuils pourris de la Neo nat, la salle de réveil de l’hôpital, allaiter dans mon canapé, c’est le paradis.
Bref. Depuis j’ai oublié ce que dormir 6h d’affilée signifiait mais je le vis étrangement bien pour la marmotte que j’étais. L’amour sans doute. Cet amour qui m’a aidé à traverser les longs couloirs de l’hôpital, dignes de shining, la gueule enfarinée, manquant souvent de me vautrer dans les escaliers, plusieurs nuits d’affilée toutes les 2h pour la nourrir. Le zhomme solidaire m’accompagnant, dormant sur une chaise près de nous pendant les tetees, et qui faisait sourire les infirmières.
Bref.
C’est fou ce qu’on s’habitue vite à se faire uriner et vomir dessus, l’air de rien.
À n’avoir l’usage que d’un seul bras, aussi. À manger en 5 minutes. Et à dormir assis avec 5 kilos sur le bras. À inventer des chansons aux paroles improbables.
Tout en gardant le sourire. Parce qu’après tout c’est pas cher payé pour avoir un bébé souriant et en bonne santé.
J’ai même appris à bloguer d’une main.








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