Puisque ça se plaint que c’est pas assez la déconne ici, va falloir calmer la révolte là, moussaillons!
Tout d’abord, il est bien connu que les gens les plus tristes font les gens les plus drôles. Ce qui explique les débuts hautement portés sur le n’importe quoi de ce blog. Excusez moi donc de ne plus être dépressive pour vous concocter de la grosse marade, non mais pardon.Vraiment, je m’excuse. Qu’on me flagelle sur le champ, c’est quoi cette idée débile de vouloir être heureux ??
Ensuite, comment te dire, toi le lecteur qu’était po là, il y a presque 5 ans, et bé oui ça fait 5 ans, trouver des idées à bloguer au bout de 5 ans, c’est pas super super facile. Si t’en as des bonnes, pourquoi tu nous ouvrirais pas un blog tiens, qu’on puisse se fendre la poire un tantinet?
Enfin, je vais t’expliquer un truc tout simple. J’habite en Calédonie. Pitit pays, jouli pays. Mais où que le monde est vraiment petit, où je connais tout plein de gens, où que les gens ils parlent beaucoup.
J’ai tout plein de trucs rigoulos à raconter, mais je peux point ici, parce que ça serait assez…fâcheux que certaines personnes s’y reconnaissent. Ben voui. Et j’ai un vrai métier, sérieux, toussa, toussa, je t’assure. Ça serait mal vu de raconter des anecdotes de boulot, certes parfois tordantes, mais déplaisantes pour les gens concernés…
Il y a aussi le problème de crédibilité, vois-tu, dans mon métier. Déjà qu’on me dit tout le temps que j’ai pas l’air d’une comptable parce que je suis “rigolote” (je sais toujours pas si je dois bien le prendre ça), faudrait voir à ne pas en rajouter.
Prenons un exemple. Récemment, je parlais avec une personne que je supervisais il y a quelques temps de cela déjà, elle me dit d’un ton décontracté :” Avant que tu n’arrives, je connaissais ton blog tu sais, j’avais beaucoup ri de ton article sur les pets”.
Je t’avouerai que j’ai eu comme un blanc après ça.
Attends, attends. Avant hier, je faisais des courses dans un hypermarché. Ici, c’est un peu le lieu où t’es sûre de croiser des personnes que tu connais. Le z’homme, des fois, il hallucine de me voir m’arrêter dire bonjour un coup au rayon PQ, un coup au rayon légumes, et vas y que ça papote, et qu’on traine; tu rajoutes ceux que j’essaie d’éviter en me cachant derrière une boite de lessive, et hop 2 heures plus tard on a enfin fini les courses, et on a quasi rien à bouffer dans le chariot.
Et encore, tu connais pas mon père, lui il est foutu de croiser vingt personnes en vingt minutes, c’est l’enfer, faut JAMAIS l’emmener au supermarché si t’es pressé. Une fois, on était en vacances en Floride, il a trouvé le moyen de dire bonjour à des gens dans l’hôtel.
Bref.
Je disais donc. Je faisais donc les courses, seule, quelque part entre les croquettes pour chat et le linge de maison, quand un monsieur a soufflé à sa compagne :”hey, t’as vu, c’est la fille qu’on avait vue dans le magazine un jour là, qui a un blog”…
Ça m’a pas mise très à l’aise en fait, je l’avoue. A cet instant précis, je me suis souvenue de tous les articles que j’avais failli écrire à une époque sur des choses nettement plus crues que les pets, et je me suis félicitée ardemment de ne PAS l’avoir fait.
Sinon le monsieur il aurait plutôt dit à sa femme un truc comme: “heeeey, c’est la fille qui blogue sur les bites”.
Tu vois un peu le genre ?
Forcement, j’ai parfois pensé à recréer un nouveau blog, pour être moins reconnaissable. Mais j’aime celui-ci, et je vous aime bien aussi, un peu…Alors je fais avec. Et quand j’ai très envie de dire des “prout, caca, foufoune” (non je n’ai pas le syndrome de tourette), je le fais sur twitter (facebook c’est devenu terrain miné aussi…).
Alors on fait avec et puis c’est tout. Fin de la discussion.