Une calédonienne à Paris, les premiers jours…

Ce billet reprend en partie un ancien billet de 2007, mais j’avais envie de réécrire sur le sujet.

J’ai quitté mon beau caillou un matin du mois de septembre 1998, pour mes 19 ans révolus, accompagnée de mon papa. Le voyage a lui-même été une catastrophe : partie avec le nez plein et les yeux rouges, mes oreilles ont très mal supporté la pression (pourtant j’avais déjà fait ce voyage plusieurs fois sans souci). J’avais terriblement mal, et l’hôtesse a pensé que me mettre du sérum physiologique dans les oreilles serait une bonne idée… Bien mal lui en a pris, car cela n’a fait qu’aggraver le souci. Résultat, je suis arrivée à Roissy, en pleurant de douleurs, et avec du sang dans l’oreille.

Là, il nous fallait toutefois d’abord récupérer nos bagages avant toute chose. Imaginez : 4h30 du matin à Roissy, pas très animé, moi voyant défiler toutes les valises, et être récupérées par les autres passagers, jusqu’à que le tapis continue de défiler mais vide…Nous sommes allés immédiatement les réclamer à une jeune dame supposée responsable. Celle-ci nous a alors dit nonchalamment de façon peu agréable, qu’elle devait être perdue, et qu’on nous rembourserait environ 2000 FCFP par kilo ( 16 € environ). Moi avec mon oreille saignante, j’ai failli l’étriper sur place, en lui expliquant de façon polie que je venais de 22 000 km, et que tous mes souvenirs étaient dans cette valise, qu’il était hors de question que je vive sans elle, et qu’elle avait intérêt à la chercher. Bref, discussion inutile. Fort heureusement, avoir un tonton à Air France peut s’avérer utile, il a fait en sorte qu’on retrouve ma valise. Celle-ci avait été « oubliée » à Tokyo…Depuis, je relativise…le matériel on peut s’en passer…mais bon, quand on prend un départ si jeune pour une destination si lointaine, ça compte.

Entre temps, nous nous sommes rendus à l’hôpital pour que je ne perde pas totalement l’usage de mon ouïe. Là bas, j’ai du poireauté aux urgence 4 heurs avant qu’on me soigne (oui j’ai bien dit les urgences), en pleurant de douleur, et en espérant qu’on m’achève. Après toutes ces mésaventures, qui donnaient au début de ma vie en France des allures de cauchemar ( je commençais déjà à me voir repartir finalement avec papa, hein, plutôt que de mourir chez cette bande de ploucs), nous sommes enfin allés nous reposer à l’hôtel.

Ma rentrée scolaire se faisait le lendemain, j’ai donc du me familiariser très vite avec le métro, afin de ne pas me perdre 6 fois par jour. C’est là que j’ai découvert que les gens dans le métro, ils sont pas contents, non, ils sont pas contents, et ils le montrent. Toi, gentille, tu débarques de ton île avec ton grand sourire, et ta politesse mal placée (oui, il est parfois très mal vu ici de dire « bonjour »), et on te renvoie une grimace. J’ai alors pensé que peut être tous ces gens avaient eu des graves problèmes dans leur enfance, qui les empêchaient de sourire, ou bien que le gouvernement avait interdit le sourire sous peine de prison pendant que je passais 24 heures dans l’avion (z’auraient pu nous prévenir à l’aéroport, quand même).

Première journée d’école donc, au milieu des autochtones. Ouf, à priori, ils avaient l’air d’être normaux comme vous et moi, et parlaient la même langue que moi (je précise au cas où que je plaisante bien sûr). Quelques jours plus tard, je prenais possession de ma chambre au Palais de la femme, foyer pour jeunes femmes. Et mon papa m’abandonna dans cette jungle, me laissant un téléphone portable, une carte bleue et un chéquier pour survivre….

Le Palais de la Femme est un endroit hors du commun, je pense d’ailleurs qu’il se situe dans une faille spatio-temporelle. Exclusivement réservée aux femmes, aucun homme n’a le droit de pénétrer dans son enceinte. Aucune bouteille d’alcool non plus d’ailleurs, ce qui fut un brin traumatisant les premiers temps. Les personnes y travaillant sont essentiellement des bonnes sœurs. Chaque dimanche elles proposaient la messe à qui voulait ( pas moi, donc), et elles te regardaient de travers quand tu sortais un peu dénudée, ou que tu rentrais pétée à 4h du mat’ ( il fallait sonner à la grille et se montrer à la caméra). Les salles de bain et les WC étaient communs, et situés à l’opposé de ma chambre. Quelle joie de s’habiller en pleine nuit pour traverser l’étage pour se soulager…Et les rouleaux entiers de PQ que j’ai usé pour recouvrir les wc…aaaah, de grands moments gravés dans ma tête…Mais une expérience inégalable. Passer d’une maison gigantesque avec piscine à une chambre minuscule, ça t’apprend beaucoup.

Lors de ces premiers mois passés ici, j’ai appris les mœurs locales. C’est toute une technique de tirer une tronche de suicidaire le matin dans le métro, ça se travaille. Mes premières visites dans les supermarchés m’apprirent que non, ils ne connaissent pas les tim-tam, ni le soyo, ni les twisties, ni la mayo kraft. J’ai donc trouvé des produits de substitution, et j’ai parcouru la ville pour trouver du soyo (pas de substitution possible).

Mais on sait maintenant qu’il y a des tim tam et des twisties à Londres où vit le frérot, mouhahahaha…..
J’ai aussi découvert qu’ici les épiceries sont des épiceries, que les tabacs sont des tabacs, et les stations d’essence des stations d’essence. Et oui, en Calédonie, une épicerie fait aussi tabac. En fait, tout le monde fait tabac là bas. Ça peut sembler étrange, mais sur le coup c’était surprenant.
Ma deuxième grande surprise fût la taille et le prix des crevettes. Non seulement elles ont l’air de bébés crevettes, mais en plus elles coûtent un œil. Nos crevettes à nous, ils ont tendance à appeler ça des gambas, tssss… A côté de ça, c’est quand même la France, et j’ai découvert qu’on pouvait faire un magasin rien qu’avec des fromages différents (si, si), que les pâtisseries vont en général par dix par pâté de maison, et qu’il existe des variétés de charcuterie inimaginables.

Le plus dur fût quand même de réaliser que la plage la plus proche était à 2h de route, et quand on a toujours été entourée de la mer, c’est bizarre. Au début, j’avais tendance à lâcher inopinément certaines expressions bien de chez nous (« yossi ! yahoué! lônculé ! lôngin ») quand j’étais surprise, et on me regardait comme une extra-terrestre…Ça m’arrive encore parfois…

Le plus drôle, c’est l’habitude qu’on a de dire « tata » pour dire au revoir, et de voir le regard perdu de son interlocuteur en train de se demander pourquoi on le prend pour notre tante…
Le z’homme, lui, m’a appris que ça voulait également dire « homosessouel », et j’ai compris pourquoi il m’avait regardé bizarrement la première fois que je le lui ai dit. « Mais pourquoi elle me traite de tata ?? j’étais nul ou quoi ?? ». Hum.

Quel désarroi aussi pour nous tous calédoniens, de constater, que le riz n’est pas l’aliment principal, et qu’en plus ils ne savent pas le faire correctement. Combien de fois me suis-je retrouvée en présence de riz en sachet Uncle Ben’s et être obligée d’en manger… ?

Heureusement qu’ils ont plein d’autres trucs très bon…comme le vin, le fromage, le saucisson (très bon chez nous, oui, mais pas pareil quand même) et les pâtisseries.

La découverte de l’hiver est un grand moment pour nous : déjà l’hiver c’est froid. Et apprendre à sortir couverts de 3 pulls demande du temps.
L’été est également source d’étonnement au début. En effet, nous on a l’habitude d’être habillés légèrement. Mais alors ici, dès que tu montres un bout de peau,tu te fais remarquer. Et bonjour les remarques salaces dans la rue. C’est rien que du bonheur. Benjamin Castaldi, sors de ce corps !

Une des choses les plus difficiles au début, ce sont les gens qui ne savent pas forcément où se trouve notre pays, mais surtout qui ignorent que nous sommes français. Jusque là c’est pardonnable, on n’est pas tous calés en géographie, hein, ce qui l’est moins ce sont les préjugés selon lesquels ils pensent que nous sommes censés être tous noirs, et qu’on se mange entre nous, ou que nous sommes totalement sous évolués. Ce n’est pas une généralité, mais on rencontre encore beaucoup de gens qui pensent ainsi.
Une des grandes idées reçues qui circule et qui agace, c’est celle selon laquelle les gens des îles sont feignants, et ne travaillent que très peu. Alors non, nous commençons certes plus tôt le matin (entre 5h et 7h30 souvent), et beaucoup travaillent encore à 18h passées.

Bref. Tout cela présenté ainsi peut sembler comique, et l’est, avec du recul. Mais quand on le vit, ça l’est beaucoup moins. Les gens ont cette tendance à vous faire vous sentir différent en soirée, à vous assommer de remarques désobligeantes, sensées être drôles du style « vos médecins c’est des sorciers de toutes façons hein ? ».

Au bout de dix ans, je pensais que cela évoluerait, mais non, force est de constater que je suis toujours confrontée aux mêmes préjugés, aux mêmes remarques…et je me rends compte que je suis de moins en moins encline à y répondre avec humour, ou à remettre les gens à leur place.

Combien de fois ai-je joué avec les gens, répondu par « bien sûr, chaque matin, mon père m’emmenait en pirogue à l’école, et après il partait chasser à mains nues », ou « mais oui j’ai appris le français ici, avant je savais pas lire » ou encore « bien sûr qu’on est cannibales, d’ailleurs je voulais t’inviter samedi soir ».

Ça ne m’amuse plus, je l’avoue, ça me fatigue juste. A tel point que parfois, je mens lorsqu’on me demande d’où je viens au cours d’un diner. Je dis Paris, et on me fiche la paix.
Même si je suis fière de mon caillou, parfois je préfère me préserver d’une discussion pénible…

Bref. Je me sens bien plus comme une étrangère qu’à mon arrivée il y a dix ans.

Le z’homme a fait quelque chose que personne n’avait jamais fait pour moi en dix ans. Quand nous nous sommes rencontrés, dès son retour chez lui le soir même, il a foncé sur internet pour se renseigner sur la Nouvelle-Calédonie. Il ne voulait pas commettre d’impairs, alors il a lu tout ce qu’il a trouvé.
Et quand on s’est revus, il a pu entamé une discussion avec moi sans crainte. Une démarche simple, mais emplie de significations pour moi…

Après toutes ces années, j’ai appris à  aimer cette ville, à me fondre dans la masse, à jouer les parisiennes, mais malgré tout ce temps, je suis toujours la fille qui entame la conversation avec les gens dans la file du supermarché, comme je le faisais chez moi, celle qui va acheter du pain en claquettes en plein hiver,  qui dit « casse pas la tête » à ses collègues, qui appelle son z’homme en faisant « ssshh » dans la rue, et qui reprend l’accent dès qu’elle a un calédonien au téléphone…

26 Replies to “Une calédonienne à Paris, les premiers jours…”

  1. Tout ça me donne envie d’en savoir plus sur ton île, tu as éveillé ma curiosité de bon matin :)

  2. Bao : ;-) c’est bien alors. Mais je te dirai juste : prends garde à ce que tu lis et vois à la télé…on y a raconté beaucoup de bêtises sur nous, et ça nous peine beaucoup d’ailleurs de voir des reportages idiots sur la brousse, comme s’il n’y avait pas de villes, ou des reportages subjectifs. Bref…c’est aussi une des raisons pour lesquelles jusqu’ici je le prenais bien, parce que je sais à quel point on est mal informés ici…

  3. Moi, ça me donne envie de le visiter ton caillou mais aussi d’étriper les gens, ceux, par exemple, qui pensent que la Nouvelle-calédonie n’est pas française : ils n’ont pas de culture générale, les gens ?

  4. J’imagine que 10 ans après, tu dois être drôlement contente de retourner là bas?

    J’aime beaucoup le « vos médecins c’est tous des sorciers », hahahaha!

    Mais tu sais, j’ai déjà répondu à Paris, à des choses comme: « Et en Bretagne y’a des routes? des Immeubles? »
    > ben non, là bas ça roule en charrette et les gens vivent dans des cabanes au toit de chaume…
    là tu fais MDR PTDR Kikoo LOL crétin de parisien etc
    Et pourtant c’est moins loin que la Nouvelle Calédonie!
    Alors oui, parfois on peut être béat de navritude devant tant d’inculture… (ou de bêtise!)

  5. Neilliba : non, ils n’ont surtout malheureusement pas la curiosité…c’est cela qui manque à beaucoup de gens, la curiosité et l’envie de s’instruire tout simplement :-)

    Spike : ben vi, je ne pense plus qu’à ça ma foi…trop hâte d’être chez moi, et de retrouver mes habitudes. Ceci dit, comme je suis rentrée là bas chaque année, ça aide à ne pas se déconnecter du lieu et des gens !
    Mais en Bretagne, je croyais qu’ils avaient tous des chapeaux ronds ? erf. Béat de navritude, oui, au début, j’étais étonnée, puis attérée puis je me disais que c’était la faute aux médias. Pis maintenant je m’en fous, j’ai juste envie de taper.

  6. Moi, j’ai jamais pris ca bien, je suis trop susceptible, faut croire alors point d’humour, je rentre dans le tas: « t’es con ou quoi? Je te demande, moi, si tes parents sont des sauvages degeneres? » :grrr:

    A la rigueur, qu’on sache pas ou ca se trouve, ca me derange pas, je sais pas trop ou se trouve la Picardie ou le departement XX (inserez quelconque numero ici) non plus, hein.

    Mais les inepties du genre « z’avez des routes? la tele? pourquoi t’es pas noir? », ca m’enerve parce que les gens n’ont pas les memes preconceptions sur d’autres endroits pourtant tout aussi exotiques, genre on demande rarement a un chinois s’il a l’electricite ou un americain s’il a du sang de peau-rouge.

    Je viens d’une petite ile mais j’en sais souvent plus sur l’Europe que certains connards qui considerent le 93 comme un autre pays alors, avant de me lancer leurs idees saugrenues a la tronche, ils devraient aller s’acheter une education, ou un neurone.

    T’as une autre espece de cons, cela dit: ceux qui pensent etre en position de juger ou tout savoir parce qu’ils ont vu « Mamy Gaby et ses crabes » a la tele, ou pire encore, les documentaires demagogistes et sensationalistes sur la prises d’otages d’Ouvea…Ceux-la, ils sont presque pires, parce qu’ils en savent juste assez pour pouvoir dire des conneries plus grosses qu’eux.

    Bon, ok. je me calme, *inspire* *expire*…. :zen:

  7. Paris, ville lumière (l)

  8. Hello Annelise!

    Oui je suis au courant pour Gurejele. D’ailleurs faut que je prenne ma place dare dare! Ahou ça fait trop longtemps!!

    Super ton blog! Ah lala les premiers jours en France et les préjugés des gens sur le caillou, préjugés qui ne changent pas d’ailleurs au fil des ans…
    Maintenant jm’en fous, je pointe du doigt l’ignorance et jme dis c’est tant pis pour eux!
    Et puis pour finir sur une note positive, il y a quand même des gens, certes pas nombreux, qui ne s’arrêtent pas à leurs connaissances restreintes, mais essaient de s’informer, posent des questions et qui voudraient y aller pour voir de leurs propres yeux!

  9. hello !!
    super contente de te lire ! enfin une vraie calédonienne qui sait parler de son pays pour de vrai !
    moi ton île je l’ai connu deux ans et demi et j’en suis tombée raide dingue !
    le retour est terrible et je n’ose comparer mon expérience à la tienne ! change rien ma belle c’est toi qui a raison , en France on ne comprend plus la vraie relation , les gens se méfient de tout tout le temps ! et pour ceux qui ne connaissent pas ton  » Caillou  » eh bien ils ratent quelque chose ! et ceux qui pensent que les calédoniens sont des arriérés eh ben dommage pour eux ils sont juste passés à côté de la vraie vie !
    il ne se passe pas une journée sans que j’y retourne dans ma tête et çà me fait du bien , tellement de bien !
    je reviendrai te lire !
    bien tendrement à toi !
    nath

  10. Ceecee : respire par le ventre, respire :-) Ca sert à rien de s’énerver, l’indifférence c’est mieux. Moi je réponds plus, je soupire, en général ça suffit…

    Syl : oui heureusement, il y a aussi des gens intelligents, curieux…Mais ces derniers temps, j’ai croisé plus de cons que de gens intelligents :diable:
    Pour le concert, tu peux acheter ta place directement sur place le soir même :-) Sinon je peux te filer le mail du gars à qui les réserver en privé :)

    Nath
    : Merci pour ton commentaire ! Ravie que ça t’ait autant plus, en tous cas. Il y a plein de choses sympathiques ici, il ne faut pas le renier, mais c’est clair que ce n’est pas chez moi, et que je ne me fondrais jamais dans cette mentalité…:)

  11. :bulle: moi aussi ça m’a saoulé longtemps. ce que je comprends pas c’est que finalement paris est loin d’être peuplé que de vrais parisiens. les gens qui y vivent viennent de partout en france et même de bien plus loin. Est-ce donc que cette connerie est universelle ??? Peut-être… En tout cas, on dirait qu’elle a épargné le caillou !!! :-8

  12. Et là, je me suis bien marré.
    Et même si je sais pas trop où c’est la Nouvelle-Calédonie, si t’es passée par Tôkyô, alors ça doit pas être trop loin de l’Australie.
    Et je vais jeter un coup d’œil pour voir si je me plante de beaucoup.
    Et en Bretagne aussi ils ont des sorciers, parait qu’on appelle ça des truites euh des druides :-D
    Et pour un provincial, la tête de veau à la parisienne c’est un pléonasme. :diable:
    Et dire bonjour à quelqu’un qu’on croise sans le connaitre, ça se fait aussi en métropole, mais pas dans les grandes villes, sinon on aurait des crampes aux maxillaires. :-8
    Et enfin, si on se croise, et que tu me dis tata, je te répondrai mata…

  13. k-rol : universelle, la connerie, universelle…souviens toi aussi des calédoniens un peu idiots qui te serinent à longueur de temps que paris et la france c’est toujours gris, et que ça doit être horrible d’y vivre….:diable: ah la la

    Kawasu : oui, c’est à 2 heures de Sydney très exactement…sur la carte, c’est à la droite de l’australie.relis mes billets sur nos dernières vacances là bas, je crois que j’avais bien expliqué le trajet :)

  14. C’est dingue comme les gens ont des préjugés sur la Nouvelle-Calédonie. Tu me diras, avec tout ce que j’ai entendu sur l’Afrique, ma foi, je ne devrais pas être surprise. Sauf que tout de même, la Nouvelle-Calédonie est un TOM !
    Mes grands-parents ont habité quelques années à Nouméa et ma tante la plus jeune y a d’ailleurs passé le bac (quoi ?? y’a même des lycées là bas ??).

    J’ai vécu la même chose que toi pour l’hiver, je ne savais pas comment m’habiller: je mets un manteau, un pull, un T-shirt à manches longues ?? Les 3 à la fois ? Mais à quelle date je remplace le blouson pour le manteau ? Et on met pas de short pour faire du sport au lycée ?

  15. ET BAM dans le piège, la NOuvelle Calédonie est un POM….et ouiiiiii, c’est devenu un Pays d’Outre Mer il y a plusieurs années de ça :-8

    Oui je me doutais que t’avais du en entendre des bonnes sur l’Afrique ! Tu m’étonnes, avec ce qu’on leur montre à la téloche…

  16. Ma première fois à Paris, j’ai cru qu’il y avait un deuil national, que le Président ou je ne sais qui avait mouru pendant les 22 heures de trajet (en classe éco!!!)

  17. Quand je suis arrivé en Frônce en 1981, pour faire mon service avant de rentrer en fac, j’ai aussi eu droit à des questions saugrenues du genre  » vous vivez dans des cabanes en terre battue ? vous avez l’eau courante ? et l’électricité ? » Et tout ça venant de ploucs qui n’avaient jamais foutu les pieds à plus de 50 bornes de chez eux, et pas plus capables d’aligner une phrase en français correct. Il a fallu que je me retrouve dans l’armée au fond de l’Anjou pour découvrir l’illettrisme, auquel je n’avais jamais été confronté avant…

  18. phyloo : erf, ceci dit, maintenant, soit je suis habituée, soit ils sourient un peu plus. Si, si !

    Eric : et oui, les ploucs…mais jai aussi souvent droit à des inepties pareilles venant de gens semblant parfaitement éduqués, mais qui se fichent royalement de ce qui se passe ou existe à plus de dix kilomètres de chez eux…Manque de curiosité, nombrilisme, va savoir…

  19. Ah ben tu vois, j’ai eu un doute pour le TOM ou le POM. Bah, j’aurais appris un truc !

  20. Bisous d’un indécrottable parisien né ici (qui lui aussi en a marre des préjugés à la con dans tous les sens, lôgin, zont bon dos les « parisiens » ;-) et qui après trois mois sur le Caillou va s’y installer, conquis. Je serais bien incapable de résumer mon sentiment, la beauté, la richesse (et la complexité !) de l’île ne peuvent se découvrir que sur place.

    Deux petites remarques :
    – Le terme POM ne veut rien dire, il regroupe deux territoires non comparables : la NC et la Polynésie qui est en fait une COM, collectivité d’outre-mer. La NC est officiellement une « communauté sui generis » (de son propre genre), c’est ce qui est écrit dans la Constitution française, ce qui de facto fait de la France une fédération.
    – Moi petit zoreille là-bas, je n’aurais pas le droit de vote aux élections locales, une bonne façon de me dire que même si je vais travailler et payer mes impôts eh bien mon avis, on s’en tape (même si je comprends le contexte, je pense que Chirac a fait une connerie majeure avec le gel du corps électoral).

  21. padawan : je te réponds en retard, désolé !! ravi de te voir ici :-)
    oui, je te rassure je trouve qu’ils ont bon dos les parisiens aussi. La preuve quand je suis allée à Marseille la première fois, et que j’ai dit habiter à Paris, on m’a presque jeté des pierres…sympa.
    Mes amis les plus proches sont parisiens d’origine :)

    Merci pour tes remarques sur le terme Pom, j’aime bien les gens plein de connaissances. Bah, tu sais, mon z’homme sera dans le même cas que toi là bas, mais il comprend aussi très bien le contexte, et l’histoire du pays. Bref, je comprends ton point de vue.. Ceci dit, trouves tu normal que ce soient les métropolitains qui aient été consultés en 88 au sujet de notre statut ? Alors que les trois quarts ne savaient même pas où se trouve la Calédonie ? Je ne le renie pas, vu que ce vote a mené aux accords de Matignon, mais bon…

  22. J’ai assisté à la conférence de Michel Rocard à Nouméa à l’occasion des 20 ans de l’accord de Matignon, et il a fait le catalogue de tout ce qu’il a fait avec les calédoniens, y compris des « monstres politiques » contraires à la constitution, pour aboutir à la paix et à un plan viable pour que la Nouvelle-Calédonie puisse choisir son avenir. Ensuite, il était nécessaire de modifier ladite constitution et ça, c’est un chouilla difficile sans demander l’avis de quelques personnes en métropole. Donc on ne peut pas tout à fait dire que ce sont les métros qui ont décidé de tout, vu que le statut avait été décidé par négociation, ni qu’ils ont bloqué le processus ;-).

  23. tu as bien de la chance d’y avoir assisté ! je n’en ai eu que la retranscription, que j’ai trouvé fort bien d’ailleurs. Oui, je suis bien consciente que de toutes façons, il eut été difficile de faire autrement, mais ça me fait toujours un peu bizarre de penser que des gens votent sans vraiment savoir pourquoi ils votent. Même si je sais que c’est le cas pour toutes les élections, n’est-ce pas ? :-8 Le principal, en tous les cas, c’est ce à quoi cela a mené, donc pas de regret :)

  24. coupdouest dit :

    faut aussi savoir qu’on est envahi par des mecs qui se croient au far west, attirés par les lumières des futures usines, venus pour faire du fric, nous prendre pour des deumeurés, comme au 1er boom du nickel! y’en a même qui se font virer, et pleurent because z’auraient pas le fric pour rentrer chez eux, et d’autres qui créent des entreprises, encaissent le pognon et se barrent sans payer les employés. les travailleurs sociaux du pays commencnet à en avoir plein le c**, et les djeuns qui réclament le rmi on est envahis par des zam, et ça gueule de partout: le gvt ne montre pas l’exemple pour l’emploi local et les calédoniens diplômés sont dans la galère :diable:

  25. coupdouest: oui je sais, il y en a pas mal des comme ça, mais attention ! faut pas généraliser ! y en a aussi des bons ;-) comme il y a aussi des caldoches de base cons, y a des cons partout. Dois je rappeler que je rentre au pays avec mon z’homme, originaire de métropole ? Et que la majorité de mes lecteurs sont métros ? Alors n’utilisons pas le mot zam à mauvais escient…. ;-)

  26. Tombé par zazard sur ce blog, je le parcour depuis qq hures, ma production journalire va s’en ressentir..
    J’ai vécu il ya 30 ans (en 74) pff comme tu dis ca date pas d’hier, 4 ans en nlle calédonie.
    Je dois dire que depuis j’ai une peu tourné a droite a gauche dans le monde, mais je n’ai rien vu qui pouvait s’approcher des paysages locaux. Ca veut pas dire que tout est bon, mais globalement c un pays extraordinaire au sens propre du terme.
    Il a un défaut majeur , il est trop loin !!
    J’y suis retourné 2 fois depuis l’évolution n’est pas toujours a l’avantage du pays
    J’espére que a ton retour le choc ne ser aps trop fort pour toi
    et bon courage au z’homme pour son intégration :)

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