On fait le bilan

Bonne année les gens, je suis encore dans les temps.

Ce matin, je suis passée de « bon je le ferme ce blog, non? » à « ouais mais non, des fois c’est bien » à « je vais écrire, ça m’aidera à décider ».

2019 sera l’année de mes 40 ans. J’y suis pas encore hein, c’est en septembre, mais bon voila j’atteins un cap.

J’ai toujours autant le cerveau en ébullition, je me dis que bloguer j’en ai eu beaucoup besoin à une époque où partager m’aider à avancer, puis ensuite plus j’étais heureuse moins j’avais envie de bloguer, et puis finalement parfois on a envie de partager le fait qu’on est heureux. Sauf que quand on le fait, les gens pensent qu’on fait semblant, et qu’on a des fake life sur Facebook ou Instagram et qu’en vrai on a une vie degueu. Alors du coup, on se dit que peut être on devrait se cacher.

Enfin bref, c’est compliqué les codes de l’Internet hein ? On le lit et l’entend si souvent, que j’en suis arrivée à me demander si j’étais vraiment heureuse puisque j’aimais autant partager. Ou si tout simplement, j’étais quelqu’un qui aime partager point barre.

Mmmm…ben écoute, je me sens plutôt épanouie en ce début 2019. Certes comme chacun d’entre vous, je n’obtiens pas toujours ce que je veux au moment où je le veux mais je vois pas trop de quoi je pourrais me plaindre. Alors, faisons le bilan 2018. 

2018 a été une année « challenging » comme je l’ai dit dans mon bilan professionnel annuel. En vérité, 2017-2018 a été une période complexe pour moi, entre problèmes de santé et vie professionnelle agitée. Les deux étaient liés bien sûr. J’ai traversé une période assez longue d’interrogation, où j’avais l’impression de ne pas être là où je devrais, où j’ai eu envie presque chaque semaine de démissionner pour aller vendre des beignets sur la plage. J’étais heureuse dans ma vie perso et familiale, mais pas complètement épanouie dans ma vie professionnelle. Pourquoi ? Parce que j’y mettais trop  de moi-même, je laissais trop mon travail empiéter sur mon temps personnel. Je laissais mes collègues m’atteindre et empiéter sur mon espace privé; je laissais le travail m’empêcher de profiter de mes enfants.  Je laissais l’opinion de mes collègues m’atteindre et guider mes actes. Mon temps partiel était à la fois une bénédiction et une malédiction, car je me sentais en permanence obligée de faire mieux et plus que les autres pour justifier ce qu’ils semblaient tous considérer comme un privilège alors que quand on travaille 85 % on est payés 85% aussi. Bref, je suis tombée dans le piège. 

En parallèle, en mars 2017, je me suis engagée dans l’APE de l’école des mes enfants, comme secrétaire. J’y étais déjà active en 2016. J’ai signé comme secrétaire parce que personne ne voulait le faire, et je l’ai fait avec 3 copines qui sont devenues des amies, des vraies, depuis. On s’est bien trouvées, des bosseuses, deux enfants en bas âge, des maris qui se sont tous bien entendus, toutes motivées mais surtout jusqu’au boutistes, ne sachant pas faire les choses à moitié, une qualité qui nous a aussi beaucoup coûté.

Nous avons traversé ces deux années ensemble, et nous avons chacune notre tour accusé le coup en faisant un burn out. En effet, nos professions respectives nous ont chacune apporté leur lot de surmenage cette année. Couplé à une vie de famille, et à une APE riche en évènements cette année, ce fut la goutte d’eau.  Quand comme moi, on est à temps partiel, on connaît presque tous les parents, car certains jours je récupère mes enfants à la sortie de l’école, certains jours je les récupère à la garderie . Résultat, chaque fois que j’arrive à l’école, je n’en ressors que rarement en moins de 20 minutes, car je me fais presque systématiquement accostée par soit un parent, soit un enseignant, voire le directeur, pour une question liée à l’APE. Et comme je suis bavarde, ça peut durer parfois une éternité. Mais, surtout, ça mène à une sur-sollicitation. J’avais l’impression d’être harcelée H24. Par mes enfants, mon patron, mes amis, ma famille, les parents, etc. Je n’étais tranquille que la nuit. 

Ce sentiment de devoir être au top partout, au boulot, à la maison, partout. A courir de partout, le matin pour être à l’heure au bureau, le midi pour être à l’heure à l’école ou à mon cours de sport, à 13h pour retourner bosser, et le soir pour être à l’heure à l’école. La montre, toujours la montre. Et la notion de performance, archi présente, dans tous les domaines. Une arthrose cervicale diagnostiquée, des douleurs chroniques surtout en position assise devant un ordi, pratique dans mon métier. 

Bref. Un bel épuisement professionnel et personnel mais j’ai vite remonté la pente. Simplement, en disant merde à plein de choses. En éteignant mon téléphone après 20h. En ne lisant (presque) plus mes mails pro hors horaires de boulot. En privilégiant mon plaisir personnel, en reprenant le temps de ne rien faire. RIEN. Refuser les invitations qui sonnaient alléchantes mais épuisantes. Ne plus traîner à l’école en faisant exprès d’arriver après une certaine heure pour ne croiser personne. Ne plus répondre à messenger ou WhatsApp si je suis occupée. Renvoyer toutes les demandes familiales vers le z’homme parce que moi aussi j’ai un vrai job. Pas fictif. Petite parenthèse : pourquoi est-ce qu’on dirait que les gens considèrent qu’il est plus acceptable de déranger une femme au boulot qu’un mec ? Cf les écoles et crèches qui appellent très souvent la mère en premier.  Comme si notre boulot était moins important que le leur. Hein ?  

6 mois après, je réponds à mes messages mais toujours quand ça m’arrange seulement. Plus au supermarché, plus au boulot, plus quand je suis avec mon amoureux devant la télé. A l’exception de ma BFF, mais c’est pas pareil :-p  Plus rien de planifié trop à l’avance, la spontanéité est le mot d’ordre.  Jai élève une barrière, une vraie entre mes collègues et ma vie privée. J’ai appris à mieux me protéger. J’ai enfin le sentiment d’être à ma place professionnellement, et je suis satisfaite de ce que je fais et comment. Je ne cherche plus à faire plus qu’il n’en faut, je ne cherche plus à prouver quoique ce soit.

Enfin. 2018 m’a permis de retrouver le chemin de l’épanouissement, en en faisant beaucoup moins. Mes enfants, mon mari, et moi d’abord. Le sport, parce que j’aime ça, rester devant Netflix des heures, sortir quand j’en ai envie seulement, tant pis si ça en vexe, ne pas vouloir tout faire. Les conférences, les soirées spéciales, les ateliers pratiques, non, tout ça, si ça perturbe l’équilibre de ma semaine, je ne fais pas. On ne peut PAS tout faire.  Ne pas se mettre la pression. 

Et qu’est-ce qu’on est heureux comme ça ! On improvise. Si des amis nous invitent à sortir en bateau pour le lendemain, on dit un grand OUI, si on a envie de dormir tout un dimanche après midi, on le fait, même si on a 8 lessives de retard, si je n’ai pas répondu à tous mes mails perso depuis une semaine, tant pis, je me rattraperai. Au pire, ça fera le tri dans mes contacts. Si un apéro se transforme en soirée pizza avec les enfants qui veillent jusqu’à minuit, parfait on n’a rien de prévu le lendemain. Libérée des obligations, plus d’association pour moi cette année, de quelque sorte que ce soit. Plus d’activité extra-professionnelle autre que le sport. NADA. Juste nous au centre de notre vie. Faire moins pour mieux profiter. 

2019 sera une belle année. D’ailleurs, en août, nous fêterons les 10 ans du Z’homme en Calédonie. 10 ans déjà que je suis rentrée au pays. 

4 Replies to “On fait le bilan”

  1. Dragon d'eau dit :

    Bonjour AnnLiz
    C’est un beau post et une belle évolution. Peu importe comment (dans les limites conventionnelles sociales légales et je ne sais même pas exactement ce que je veux dire, juste que TOUT n’est PAS autorisé), l’important c’est de trouver son équilibre et si possible le bonheur.
    Je suis ravie pour toi si tout va bien pour toi et si tu es épanouie. J’avoue t’avoir toujours appréciée au travers de tes écrits, ce qui ne peut pas être réciproque étant donné mon coté coincé et le reste. En tous cas c’est chouette de lire ça et j’espère te lire plus souvent.
    Courage pour les douleurs chroniques, je connais, et j’espère (aussi) que tes filles et ton zhomme vont bien
    Bises :)

  2. Coucou Dragon d’eau, c’est sympa de voir que tu passes toujours ! Mais non pourquoi te juges tu si durement en te traitant de coincée :-) merci pour ton petit mot

  3. Libérée ! Délivrée !
    On peut vous avoir à dîner le tercredi 43 janvrier 2153 ? ;-)))
    Des bises en attendant.

  4. Ça peut se faire

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