Et le z’homme alors ?

Et oui, ce Z’homme qui a été si souvent cité sur ce blog, que devient-il ? Est-il toujours cet homme parfait, attentionné, drôle, dont je vantais les mérites il y a déjà 10 ans ? Depuis, il est devenu papa, deux fois. Il est toujours affublé de ce fichu chat gris qui nous pourrit le canapé à la moindre contrariété. Il s’est mis au sport, lui aussi. Il a quelques cheveux gris sur les tempes, mais vraiment peu. Il s’endort dans le canapé environ dix minutes après que j’ai réussi à endormir les enfants…Ma foi, dix ans déjà, et oui, mon z’homme est toujours drôle, attentionné, doté d’un caractère de cochon qu’il a transmis pour moitié à notre progéniture, et c’est un super mari et un super papa. Le meilleur.

Il pense tous les matins à me verser un verre de jus, à me préparer mon sandwich pour le midi quand il sait que je vais au sport. Il m’envoie des petits smileys amoureux quand il a une pause. Pas de grandes phrases, pas de poème, ça il ne sait plus vraiment faire, mais l’idée est là. Il s’est adapté mieux que quiconque à sa vie sous les Tropiques, sûrement trop au goût de sa famille qui ne l’a pas revu sur le sol métropolitain depuis huit ans. Il aime son jardin, bricoler dans sa maison, le fait de pouvoir rentrer à la maison avant 18h souvent (à Paris, je crois qu’on n’avait même jamais pu regarder le JT ensemble, c’est dire). Il m’envoie chaque soir un sms pour me dire qu’il quitte le bureau. On se parle au moins une fois dans la journée par téléphone ou sms, pour un coucou, pour discuter d’une course à faire, des enfants… Comme tout le monde, parfois on s’oublie, parfois la fatigue prend le dessus, mais on n’oublie jamais ce petit bisou si important pour se dire au revoir le matin, ni celui pour se souhaiter bonne nuit. Ce sont ces petits gestes qui comptent.

Quand notre ainée a failli y rester en 2012, lors de sa dernière opération, j’ai entrevu ce qui se passe chez certains couples qui traversent ce genre d’épreuves : c’est quitte ou double, ça passe ou ça casse. Soit le couple trouve la force intérieure de se porter mutuellement, soit chacun souffre de son côté et n’arrive pas à aller vers l’autre. Ça m’a effleurée pendant quelques minutes ce jour-là, nous étions terrifiés, tétanisés devant ce qui se produisait, et j’étais incapable de lui tendre la main tant j’étais moi-même au fond du gouffre. Heureusement, ça n’a duré que quelques minutes, nos mains ont rapidement su se trouver de nouveau, ces épreuves ont achevé de souder notre couple. 

Il a toujours été mon soutien inconditionnel, même quand ce que je faisais était nul d’ailleurs, même quand j’ai tort, il prend ma défense. Les déboires médicaux de notre ainée étant liés à tout ce qui se réfère au transit, il nous arrive  de nous envoyer de magnifiques photos de selles accompagnées de smileys explicites, et je vais te dire, si t’es capable d’avoir des discussions à base de « cette crotte est superbement formée et de consistance idéale », sans que ça altère ta vie sexuelle, c’est plutôt bon signe. Mon âme sœur, je te dis. Le truc le plus incroyable est sûrement notre capacité à penser la même chose au même moment. Pas plus tard qu’avant hier, j’étais en route pour la maison en train de me dire qu’on pourrait récupérer une grande bobine de bois pour faire une table pour notre extension, et arrivée à la maison que vois-je ? Le z’homme en train de chercher des images de tables à base de bobine de bois. Ca nous arrive tout le temps. Il m’appelle au moment où je suis en train de composer son numéro. Il fait les magasins en quête du même objet que moi sans qu’on se soit concertés avant. Télépathie, pensées parfaitement en osmose, va savoir. 

Bien sûr, parfois, il m’agace, et je l’agace. Cette manie de poser sa paire de jeans sur la commode, et de l’y laisser trois jours, parce que tu comprends « je ne l’ai mis qu’une fois, je ne sais pas si c’est propre ou sale », pour que je finisse toujours par le mettre au sale. Cette fâcheuse tendance à ne pas savoir cacher son agacement en public quand il a envie qu’on s’en aille de quelque part ou que les enfants le saoulent. Mais ça ne dure jamais. On ne s’est jamais fâchés plus de cinq minutes. Se quitter fâchés est quelque chose d’inconcevable pour nous. Se cacher des choses aussi. C’est mon meilleur ami, le seul qui me comprenne à 100%, et à qui je raconte tout par le menu. Avoir des enfants nous a rapproché, l’allaitement même long, n’a jamais gêné notre vie intime, le co-dodo non plus, il suffit d’un peu de créativité.  ;-) 

Bref, ouais 10 ans, et c’est de mieux en mieux en fait. Les mots sont de moins en moins nécessaires, nos envies se sont synchronisées au fil des ans. Je ne m’ennuie jamais avec lui, passer du temps ensemble, même à ne rien faire est notre activité préférée. Ca nous rend parfois un peu sédentaire, heureux que nous sommes chez nous, à jardiner, à aménager notre chez nous, mais on ne se force plus à sortir juste pour sortir. Notre maison, notre foyer est notre refuge, on s’y sent bien, on y est heureux, alors on y passe un maximum de temps. 

Donc, oui, moi l’amour toujours j’y crois, même si autour de moi, presque plus personne n’y croit. C’est mon côté fleur bleue. J’y crois quand on s’est trouvés au bon moment, avec la bonne personne. 

Ce qui fonctionne pour nous ? c’est assez basique : la communication à outrance : on se dit tout, ce qui nous plait, ce qui nous contrarie, ce qu’on veut changer; se toucher, beaucoup se toucher, se câliner, s’embrasser, s’effleurer parfois, pour préserver cette intimité si cruciale, et ne jamais cesser de faire l’amûûr tant qu’on le peut.  Ce qui fonctionne pour les uns n’est pas forcément ce qui fonctionne pour les autres. A chacun sa formule du bonheur. 

2 Commentaires

  1. Ben je vais te dire, si je ne savais pas que tu es une vraie personne, depuis le temps, et une qui ne ment pas, en plus, je n’y croirais pas !
    Même à la vieille fille à chat que je suis devenue, ça fait plaisir à lire. Merci pour cette bouffée d’amour et d’optimisme.

  2. Anliz dit :

    Ah ben écoute, tant mieux ! Moi je bénis ma chance chaque jour !

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