la vie des autres

Ces derniers temps, j’ai réalisé la quantité de temps que je perdais sur Facebook. En Calédonie, on peut dire que ce réseau est très utilisé, pour tout, coups de gueule, animaux perdus, voitures volées, etc.  J’avais comme beaucoup de gens pris l’habitude de consulter mon fil d’actualité le matin, en journée pendant mes pauses, et le soir. Tout ça pour quoi ?

en gros, quoi
en gros, quoi

Voir les mauvaises nouvelles, lire les opinions politiques de gens que vous côtoyez parfois très peu, découvrir que untel ou untel est anti-vaccin, vous rendre compte que tonton machin ne sait pas repérer les fausses informations et les repartage sans limite, apprendre que cousin bidule est complotiste, supporter les publications racistes de belle-maman, lire encore et encore des nouvelles angoissantes sur des agressions, des vols, des maltraitances, regarder des videos rigolotes, ou tomber sur  des vidéos dérangeantes ? 

Bref. Il était plus que temps d’arrêter quand j’ai constaté à quel point cela avait un impact négatif sur mon psyché. Anxiogène, chronophage, malsain. J’en arrivais à ne plus vouloir voir certaines personnes à cause de certaine choses que j’avais lues sur le réseau. 

A-t-on réellement besoin de savoir certaines choses sur toutes nos relations? Avant Facebook, on ne savait pas tout sur tout le monde, on s’abstenait d’aborder certains sujets lors des repas de familles, on assumait d’avoir des amis de différents bords politiques, parce qu’ils ne nous vomissaient pas leurs opinions à la figure à chaque apéro. On avait aussi des relations avec des gens aux niveaux culturels hétérogènes, sans que ça dérange, vu que ces gens là, on les croisait en soirée, là où on ne discute pas vraiment de sujets fondamentaux. Voir au grand jour le niveau de connaissances de certaines personnes, celui qui n’arrive pas à écrire un statut de trois lignes sans faire une faute à chaque mot, celui qui gobe toutes les fake news et les repartage, tous ceux qui ne se posent pas de question. Le pire étant le moment où tu leur montres ça : Fact checking et qu’on te répond, « oui mais quand même, on sait jamais, dans le doute, je partage ». Ben oui, bien sûr, continue de participer à la désinformation. 

Réaliser que 50% de tes contacts ne se posent aucune question quand ils lisent un article, ou pire, partage des articles sans même les avoir lus, ça n’aide pas à rester tolérant, ni à garder une haute estime d’eux. 

Certains diront que ça ouvre les yeux sur ses relations. Je pense pour ma part, que dans la vie, on a un peu de tout dans ses relations sociales. Amis proches, connaissances, collègues, etc, et qu’on n’a pas besoin de tous les connaître jusqu’à la couleur de leur slip. On a besoin variétés dans la vie pour garder les pieds sur terre, ne pas devenir sectaire, et rester ouvert. Facebook nous a enlevé ces filtres, ces œillères parfois salvatrices pour la santé mentale. Avez-vous vraiment besoin de savoir que votre lointaine cousine par alliance vote à l’opposé de vous, et de vous étriper par écrit sur le sujet, alors que vous la voyez uniquement aux enterrements ? Perso, j’avais l’impression de perdre mon temps et mon énergie. J’avais beau masquer ce qui me dérangeait, ça ne suffisait plus. Même en triant, ça ne suffit plus. Ca n’engage que moi, mais voilà, je n’arrivais plus à faire abstraction de certaines choses. 

C’est exactement pour cela que j’ai cessé de consulter Facebook. Surtout en sachant que le réseau choisit ce qu’il vous montre dans votre fil d’actualité. Selon vos « like », il finit par décider de ce qui apparaît ou non dans votre fil, et ainsi au fil du temps, vous ne verrez plus du tout certains de vos contacts. Et ceux-ci ne vous verront plus non plus. Pour peu que vous soyez observateurs, bonjour la paranoïa. « tiens, c’est bizarre, il ne me parle plus celui-là ? ». Sans compter le bug récurrent de l’ami qui disparaît tout seul de votre liste d’amis, sans qu’il en ait décidé (vérifié auprès de plusieurs personnes à qui c’est arrivé), et qui réapparaissent parfois, ou pas. De quoi créer de beaux malentendus, des rancœurs, voire de la peine. 

Alors voilà. J8 sans consulter Facebook. Santé mentale retrouvée. Temps mis à profit pour regarder des séries, me détendre, et écouter ce que me disent mes enfants, et même bloguer de nouveau. Libérée du négativisme ambiant, surtout en cette période floue, où les différents protagonistes y vont de leur tentative de faire monter en pression, la haine, la peur, l’angoisse, manœuvres électorales classiques, mais de plus en plus efficaces sur les réseaux. Libérée de la vie des autres. 

Franchement, le premier jour, je me suis dit « ohlalala, mais je vais louper des trucs, et perdre le contact avec untel et untel. » Puis, je me suis rappelée qu’avant, je vivais très bien sans, et que si vraiment on était amis, on finirait par se voir, se parler par mail, ou par téléphone. En plus, j’ai quand même gardé Messenger, donc je reste joignable pour ceux qui le veulent vraiment. Et en terme de réseaux, j’ai gardé twitter pour m’informer, je n’y suis qu’une trentaine de personnes, et Instagram, ainsi j’y vois les jolis moments en photo et je m’épargne tout le reste. Libérée de la vie et de l’opinion des autres pour mieux me consacrer à la mienne. 

Juste un pas de plus dans ma démarche vers la pleine conscience !

 

5 Commentaires

  1. little-dragon dit :

    Hello AnnLiz
    Je suis ravie que tu te sois remise à écrire, j’ai toujours apprécié tes posts et ce que tu partages de ta façon de voir la vie (#phrasealambiquée).
    Perso, pas trop de difficultés sur FB car peu de contacts (j’essaye de ne pas parler d' »amis » à ce sujet) et choisis avec relativement de soin. Du coup je ne suis pas trop embêtée par les partages d’opinions politiques et autres que de toutes façons j’aurais zappé.. Mais après avoir lue ce que tu as expliqué sur la politique de FB, je viens par curiosité d’aller visite le mur de ma cousine que j’aime beaucoup et ah oui effectivement j’ai raté des trucs. Je ne suis pas étonnée, le partage de l’information dans notre société, quelle qu’elle soit (l’info) est biaisé…
    En tous cas je suis contente pour toi si ayant décidé que tu souhaitais t’éloigner de FB, tu y es parvenue et que ça te convient. C’est bien de se recentrer…

  2. anliz dit :

    Ça me fait super plaisir de voir que tu passes encore par ici. Ça va m’encourager à continuer tiens !

  3. anliz dit :

    Ok c’est dit ! Il te reste encore un peu de temps alors ;-) courage !

  4. J’avoue que j’ai eu beaucoup beaucoup de mal avec Facebook pendant la campagne présidentielle… J’ai eu des crises d’angoisse à base de « on est cernés par les cons fascistes, ils sont nombreux, ils sont partout » et du coup j’ai eu encore plus de mal à supporter les neuneus qui « partagent on ne sait jamais » et autres « y a pas de fumée sans feu » / « oui mais quand même, tous ces migrants y en avait pas avant » … J’ai aussi fait une détox et ça m’a fait beaucoup de bien.

  5. anliz dit :

    J’en suis à 3 semaines de sevrage. C’est une vraie renaissance. Je ne fais qu’y poster via instagram ou le blog, mais je n’y consulte plus rien. J’ai retrouvé l’envie de voir mes amis, d’inviter du monde, de prendre de leurs nouvelles par téléphone ou par mail.
    Best decision ever of my life. Lol

Laisser un commentaire