Piétonne

La semaine dernière, un bruit douteux m’a obligée à me séparer de ma voiture pour quelques jours, le temps de la faire réparer. Je me suis ainsi retrouvée piétonne, et dans le grand Nouméa, ce n’est pas une partie de plaisir.

Moi qui ai étudié quelques années à Paris, j’ai connu ce qu’est une ville dotée de vrais trottoirs, de transports en commun réguliers, bref une ville pensée pour les piétons. ici c’est tout l’inverse, priorité aux voitures. Quand je suis rentrée, ça m’avait déjà frappée, mais j’étais plutôt contente de pouvoir conduire et de ne plus avoir à supporter les pervers dans le métro. C’est une autre histoire.

Ici, on a gardé de la deuxième guerre mondiale un souvenir béât des américains, qui fait que beaucoup de gens adorent imiter leur style de vie…c’est ainsi qu’on se retrouve avec une ville remplie de pick-ups, de monstres à moteur. Entendons-nous bien : c’est débile. Les mecs se baladent dans des gros machins qui sont une horreur à garer, qui bouchent la vue au stop, qui gênent tout le monde dans les parkings, et en plus ils se surendettent pour les payer…mais awa, tu comprends, ils te disent que c’est pour le coup de chasse du week end en brousse alors tout va bien.

Donc. Quand tu es piéton, c’est l’enfer.

Le vendredi matin, je dépose ma voiture au garage, et je décide de repartir chez moi à pied. Il fait beau, il fait chaud, pourquoi pas. Là, plus j’avance, plus je  réalise à quel point rien n’est pensé pour les piétons. Trottoirs quasi inexistants, chemins parsemés de trous, de cailloux, le chaos. Les voitures roulent vite, trop vite et te frôlent. Arrivée dans mon quartier, je constate le manque de passage piéton en plus du manque de trottoir adapté.

L’après midi, n’ayant pas envie de rester coincée chez moi, je décide d’aller faire un tour à la pépinière d’à côté avec le Koala dans sa poussette. C’est un autre chemin que celui du matin. C’est pire. De ce côté ci, les trottoirs sont inexistants, et les bordures de route sont en terre. Qui dit terre, dit poussière. C’est simple, ma fille et moi, on s’est bouffés de la poussière tout le long. Et j’ai eu l’impression que j’allais mourir à chaque fois qu’une voiture passait. En effet, rien ne nous séparant vraiment de la route, on voit sa vie défiler chaque instant. Surtout qu’ils roulent vraiment trop vite, ces cons. Avec les gros bordels, donc.


Bonus, ma fille a dû se croire dans une machine à laver en plein essorage tant la route était cahotique. Elle a quand même trouvé le moyen de s’endormir.

J’ai donc retiré de cette expérience que :

– je roulerai encore plus doucement à l’approche de piétons

– il y a de quoi avoir envie de les caillasser, les mecs qui roulent à tombeau ouvert avec leur gros bordel de pick-up.

Oui, je suis grossière mais vraiment, à quoi ça sert de rouler avec ça en ville ?


Y en a qui ont besoin de compenser la taille d’un truc, c’est forcément ça…

Nouméa, pas du tout piéton friendly, sachez-le.

Laisser un commentaire