Commençons par une petite boutade du z’homme. Un soir, alors que je regardais un épisode d’une série dégoulinante d’amûuur, de seskse, et de coups bas, avec le z’homme, je lui tins à peu près ce language :
« tiens, tu m’as jamais fait pleurer, toi en fait ? »
« Mais si, voyons, après l’amour ». Sic.
La vanne est pourrie, mais le sujet sérieux. En effet, je me faisais alors la réflexion suivante : au fil des années et des expériences, ma conception de l’amour a beaucoup changé.
A l’école primaire, on pense que l’amour se résume à s’offrir des crayons de couleurs, et à dire que Brandon du 3ème rang est notre amoureux. En dernière année éventuellement, on se dit que ça se résume à se tenir par la main.
Au collège, on pense que l’amour se résume à fourrer sa langue dans la bouche d’un garçon, et on est persuadée que chaque garçon avec qui cet évènement extraordinaire se produit sera nôtre pour la vie, forever together, d’ailleurs on l’écrit partout dans ses cahiers. Même si on voudrait épouser Kevin Costner quand même (je te resitue le truc dans les années 90, là où il était encore pas trop mal).
Au lycée, on est encore persuadée qu’on va passer sa vie avec chaque crétin avec qui on sort plus de deux mois. C’est comme ça, ça s’appelle être une fille. Même qu’on casse et se remet ensemble environ huit fois, parce qu’on commence déjà à être convaincue qu’il faut ramer en amour.
C’est là qu’on entre dans la phase Roméo et Juliette où on pense que l’amour n’est que passion brûlante, souffrance, et que l’amour c’est trop over compliqué, mais c’est normal parce que l’amour ça fait mal, et que si c’est trop facile ce n’est pas l’Amour, le vrai. On vit ses premiers vrais chagrins d’amour, ceux où on pense qu’on va mourir de tristesse, que la vie est trop injuste, et où on explose son forfait pour envoyer des sms au 81112 pour savoir si son ex va revenir.
Oui. C’est bête à manger du foin une fille, je te l’accorde, mais un garçon de cet âge n’est guère mieux vu qu’il ne pense qu’à se taper toutes les filles de sa classe. Pardon, non. Il ne pense pas, ses hormones pensent pour lui.
Bref. Arrive la vingtaine, période où normalement on se prend quelques bonnes claques, bien plus dures que celles qu’on avait eu avant. Et oui, on découvre qu’on peut descendre encore plus bas qu’on ne pensait, et même commencer à chercher du pétrole. Mais on pense encore que l’amour, de toutes façons, ce n’est jamais facile, et ça doit faire mal. On chiale, on chiale, en se disant que faire des concessions, c’est tout à fait naturel, même si ça veut dire changer sa personnalité, et friser la schizophrénie. On est heureuse 150 jours sur 365 jours ? Et alors, c’est déjà pas si mal, non ?
Vient alors ce jour où on rencontre la bonne personne. Avec qui tout est simple, facile, avec qui les concessions n’en sont pas vraiment, avec qui tout glisse. Et surtout qui ne nous fait jamais pleurer, juste sourire. Au pire, il nous agace quand on est fatiguée, il ronchonne un peu de temps en temps, il a son petit caractère. Mais jamais de disputes où volent les assiettes, jamais de bouderie de plus de dix minutes.
Et là, on réalise. On réalise que tout ce temps, on s’est fourvoyée en pensant que l’amour le vrai devait être compliqué. Qu’il fallait absolument souffrir en amour. Vaste fumisterie. Ca nous apprendra à trop regarder Buffy et Angel.
Alors qu’en vérité, l’amour doit être simple comme un bonjour. Deux personnes qui font passer le besoin de l’autre avant le sien sans que cela soit une contrainte. Deux personnes qui regardent dans la même direction. Tout simplement.
*Jacques Prévert
17 Responses to “L’amour est clair comme le jour, l’amour est simple comme le bonjour, l’amour est nu comme la main, c’est ton amour et le mien…*”
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Ton texte représente exactement mon propre parcours amoureux du début torturé à la fin heureuse.
ça fait flipper
Merci pour ça. Ca remet les pendules à l’heure et me fait dire que tout est possible. Mon parcours n’est pas le même mais je ne veux pas perdre la conclusion de vue :o)
bah tu dis ça parce que t’en es encore qu’au début, vas!
non je déconne, enfin je veux dire, je n’ai pas la même expérience que toi, et ça fait 9 ans qu’on est ensemble, on est mariés et on a 2 enfants, alors il y eu des hauts et des bas, forcément. mais on n’a jamais douté de notre amour, c’est juste qu’il y a des moments où on est peut-être moins amoureux, pour mieux se retrouver après!!!
il suffit comme tu dis, de regarder dans la même direction. c’est toute la définition de l’amuuuuuuuuuur
éh doudoudidonc, c’est quoi donc cette photo de moi?????
Fressine : oui, voilà, l’amour torturé, on a toutes connues ça….
mimisunny: ne perds jamais la conclusion de vue, et ne te résigne jamais :)
laetitia : erf, non, bien sûr que je parle des premières années, hein, hé, j’ai déjà tenu 7 ans auparavant, je les connais les hauts et les bas. Mais ce que je veux dire, c’est que non, ce n’est pas normal si dès la première année, c’est les larmes et les cris par intermittence :) Et ce qui est important, c’est de pouvoir être soi-même, en ayant la même vision de la vie. Les concessions ne doivent pas être vécues comme des sacrifices abominables, si tu vois ce que je veux dire…Et avoir des hauts et des bas ne signifie pas souffrir comme jamais, tel que je le décris. Car je suis sûre que malgré vos hauts et vos bas, vous regardiez toujours dans la même direction, non ? :-)
Ben voui, par défaut, si vous n’avez pas de photo enregistrée ça vous ou met une au pif !
Ben tout pareil
Finalement, c’est un peu con une fille, mais on finit quand même par s’en sortir
Fyfe : heureusement, oui, on arrive à en tirer des leçons, enfin pour certaines, car malheureusement d’autres n’apprennent jamais….
C’est un chemin « obligé » les coups de coeur et les coups du sort, pour être justement capable d’apprécier la simplicité d’un sentiment solide…
Celles et ceux qui ne passent pas par là ou ne veulent pas le voir ainsi se grillent souvent les ailes, persuadés que l’amour est quelque chose qui fait terriblement mal et qu’il n’en vaut pas la peine si c’est pour ressembler à une croisière tranquille.
Mais ça a du bon, de lâcher les moteurs vrombissant pour apprécier le charme d’un voilier.
Lou : j’aime beaucoup ta façon de le dire
Bon cette fois ci je le fais que c’est vraiment moi: c’est à moi qu’tu causes? ;)
tssss, nan, c’est pas à toi que je cause, mais je te dirai pas non plus à qui je cause :)
:megalol: ahhh ca, c’est fou comme je me retrouve dans l’idée générale de ton parcours…
Et je suis tellement reconnaissante (à je sais pas qui hein, tu genre à la vie) d’être passée à l’étape supérieure…
Et j’avoue, du coup j’ai arrété d’essayer d’aider celles qui sont bloquées au stade l’amour c’est duuuur, enfin disons que je leur dis juste que si elles en sont là, c’est qu’elles le veulent bien, et qu’il y a autre chose… bizarrement ca marche jamais on m’écoute pas
oui c’est clair, il n’y a pas de véritable amour si c’est prise de tête dès le départ. ce n’est pas tout le temps le grand amour, mais les problèmes se surmontent à 2, tout comme les bonheurs d’ailleurs. il y a toujours des consessions au début, mais on arrive à équilibrer tout ça avec le temps… bref le sujet est trop long, et je suis total d’accord avec toi annelise.
Le dernier paragraphe résume bien ce qu’est l’amour je trouve…pas de questions à se poser (enfin pas trop de questions car on s’en pose quand même un peu des fois)
Ah et bien je vais le faire lire à ma fille de 15 ans ce billet…
cec jeune mariée : on ne peut pas forcer les gens à aller plus vite que la musique, chacun apprend à son rythme. Et faut bien qu’elles en passent par là pour mieux apprécier la suite :-)
Syl : on s’en pose bien sûr de temps en temps, mais pas de grosses remises en question du style « qui suis-je, où vais-je, on fait un break d’un an pour voir ? ». Faut pas déconner :-)
Phyloo : laisse la apprendre toute seule…ça marche mieux ^^ Même si c’est dur pour vous de la voir trébucher !