Parcours du combattant calédonien
On reste sur le thème, parce que je me suis rendue compte qu’en trois ans de blog, je n’ai jamais vraiment raconté mes mésaventures des débuts…
Quand je suis arrivée à Paris, j’ai du accomplir les démarches habituelles d’une étudiante : Sécurité sociale, mutuelle, etc. Sauf que. Les étudiants métropolitains arrivent en BAC+1 avec un numéro de sécurité sociale déjà attribué. Moi non, puisque j’étais immatriculée à la CAFAT à Nouméa.
Bref. Normalement, une immatriculation à la sécu quand on est français, c’est simple, il suffit de fournir une copie de sa carte d’identité française, et quelques autres justificatifs.
J’ai fourni, tenez-vous bien, 18 fois, la copie de ma carte d’identité. En effet, il a fallu 5 ans pour que j’obtienne mon numéro d’immatriculation définitive et une carte vitale. Cinq longues années pendant lesquelles j’avais un numéro provisoire. Et l’impossibilité de bénéficier du tiers payant en pharmacie, et des bienfaits de la Carte vitale, bref tout ça pour moi c’était un mythe, je n’y croyais plus.
Pendant six ans, j’appelais environ une fois par mois la Mutuelle des Etudiants pour leur demander ce qu’ils fabriquaient, et si par hasard ils attendaient le retour du Père Noël du Pôle Nord pour me donner un numéro définitif. Florigèle des réponses :
- “Mais il nous faut votre carte de séjour”
- “Mais connasse, je suis française, la Nouvelle Calédonie c’est français, regarde bien la carte d’identité que je viens de te faxer, tu vois en haut le “République Française” ??? ”

-”il nous faut la copie de votre carte d’identité”.
- “mais crotte de bique, je vous l’ai envoyé déjà 8 fois !!!! Vous vous torchez avec ou bien ?”
- “votre immatriculation a le statut en attente, ça ne saurait tarder”
-”Ca fait déjà 3 ans que vous me dites ça, je pense que c’est un complot”.
- “il nous faut votre acte de naissance, et traduit.”
- “Traduit de quoi, connnasssssssseuuuuuuuh, on est français, on parle français, bordel de ******, je te parle en quoi là, en flamand ????
Oui là tu vois, je commençais à avoir une veine gonflée sur le front dès qu’on me parlait de Sécu.
Je peux te dire que le coup de la carte de séjour, il fait mal, et que j’y ai eu droit dans d’autres institutions. Je te parle pas de la CAF, je sens que ça va me filer des aigreurs d’estomac. Si tu rajoutes à ça que ces cons avaient deux dossiers à mon nom, à cause du mauvais orthographe de mes nom et prénoms, tu conviendras que parfois, l’atteinte à la personne d’un agent administratif est tentant.
Il faut savoir que je me suis même déplacée plusieurs fois en agence pour tenter de résoudre le problème, et que donc mes documents ils les ont eu en mains propres plusieurs fois. Aucune excuse.
Bref. Après avoir insulté 4 interlocuteurs m’ayant demandé ma carte de séjour, hurlé sur 3 débiles me réclamant ma carte d’identité pour la 478ème fois, j’ai fini par trouver un moyen d’obtenir le numéro du siège de la MNEF. Et là, ,tu vois, j’ai inspiré un grand coup, tapé dans quelques murs, et j’ai appelé. J’ai demandé à parler à un responsable. Et j’ai fait un scandale. Elle a tenté de me renvoyer en agence, alors j’ai menacé.
” C’est pas compliqué, actuellement, je connais une bonne trentaine de camarades calédoniens dans la même situation, chacun d’entre eux en connaît des dizaines d’autres, si vous voulez, on se réunit, on appelle l’amicale calédonienne de Paris tant qu’on y est, et on débarque chez vous en groupe et on campe jusqu’à ce qu’on ait nos numéros définitifs et notre carte vitale”.
Bizarrement, deux jours après je recevais ma P**** de carte vitale, je te jure, c’était comme le Graal. J’ai failli en pleurer de joie…

rireeee!!!!



