Mieux vaut être une femme mariée avec enfants au boulot ?
Je me suis rendue compte au cours de mes années d’expérience professionnelle, que les femmes ne sont pas égales en ce qui concerne la considération au travail. En effet, il semble que dès lors que vous n’êtes pas mariée et n’avez pas d’enfant, on se permet un peu tout envers vous. Exemple tout simple, les femmes avec enfants de ma boîte, on ne leur demande quasiment jamais de rester plus tard le soir. D’accord. Je comprends, faut bien qu’elles aillent chercher les petits à l’école. C’est bien normal. Je précise que j’aime bien les enfants, que oui, j’envisage d’en faire plus tard peut être, et que je comprends tout à fait la responsabilité que ça représente.
Mais ce que je ne comprends pas, c’est que par contre, celles qui n’ont pas d’enfants, soient directement désignées pour les longues soirées d’heures supp’. Je ne suis pas d’accord. Moi aussi j’ai une vie, un mec, un chat, des amis, des choses à faire. Ce n’est pas parce que j’ai choisi de ne pas avoir encore d’enfants, qu’il faut me demander plus qu’aux autres. Je n’en ai pas, oui, pour pouvoir me consacrer à ma vie de couple et la construire. Et si je dors au boulot, elle va pas se construire sans moi.
Concrètement, dernièrement, on avait un gros coup de bourre. Et à une maman, on dit “oh mais vas y, laisse, je sais que tu dois y aller, on s’en occupe”. Et moi, on ne me demande pas si je n’ai pas une quelconque obligation qui m’attend ? Un rendez vous chez le médecin ? Un repas avec des amis ? Un chat qui crève la dalle ?
Figurez-vous que la même discrimination existe entre femmes mariées et femmes vivant en concubinage. Oui, celles qui ont une alliance, on se dit qu’il faut qu’elles rentrent faire la popotte à monsieur le mââââri. Celles qui sont en couple mais sans alliance, on s’en tamponne le cul par terre. Je rêve. Et ce n’est même pas du machisme, vu que cette discrimination est perpétuée par des femmes. Si. C’est ça le plus moche.
Récemment, un repas de départ était organisé. Une fille annonce qu’elle ne pourra pas faire le plat prévu, trop de choses à faire cette semaine là. Et là j’entends alors une autre qui dit “elle se fout de nous, elle n’a pas d’enfant, elle n’a rien à faire du tout le soir en rentrant”.
Ah ouais. C’est comme ça. Naturellement j’interviens, en disant, hop hop hop, je n’en ai pas non plus et ça ne m’empêche pas d’être souvent occupée le soir. Si je n’en ai pas fait, c’est justement parce que ma vie est autrement plus remplie, comme par exemple par tous les trucs que toi tu ne peux plus faire depuis que t’es mère. Merci. C’est ton choix d’en avoir, me le fais pas payer, t’es mignonne.
Non mais franchement. C’est quoi cette discrimination. Alors pour mes copines célibataires, je vous raconte même pas. On se dit “oh elle est seule, de toutes façons, elle peut bien dormir au boulot celle là”.
Non. Elle a peut être des amis qui l’attendent pour le diner, un cours de salsa qu’elle voudrait ne pas rater, un ciné prévu de longue date avec sa meilleure amie… Quoi ? c’est moins grave que les enfants ? Fondamentalement, on pourrait dire oui. MAIS Non, car si elle annule chaque fois depuis un an, ça devient grave, elle perd toute vie sociale. Et si elle, elle peut annuler, la maman, elle peut pas demander à son cher mââââri de s’occuper de junior, hein ? (sauf les mères célibataires, on est d’accord).
Y a pas que les gosses et le mari dans la vie, ok ? On est en 2008. Pourquoi certaines femmes agissent-elles ainsi entre elles ? Par jalousie ? Parce qu’elles aimeraient bien être à la place des sans enfants ? Bé fallait pas en faire ma pauvre lucette, si ça te gonfle tant ! Non mais sérieusement, j’ai des amies mamans, qui comprennent parfaitement que les célib’ sans enfants ont aussi des choses à faire ( se trouver un mec par exemple, ça prend du temps, oh), que moi même, sans enfant, je fais tout ce qu’elles, n’ont pas le temps de faire justement pour cause de bébé, et qu’elles aimeraient faire, certes. Mais ne me le font pas payer pour autant. Heureusement qu’elles existent…
J’espère que si un jour, j’ai des enfants, je n’oublierai pas que la jeune collègue d’à côté, elle a une vie à vivre, et qu’elle aussi, elle a le droit à ses soirées…
Edit : j’ai réalisé ce matin que j’avais oublié de parler aussi des hommes célibataires, à qui on demande souvent de rester, sous prétexte qu’ils n’ont personne qui les attend à la maison. En fait, c’est de la discrimination par le statut marital !


Ben quoi, c’était justement pour de rire “mon mââââri”, je savais bien que tu allais reconnaître…





