C’est quoi le secret ?
Je me rends compte qu’au fil des années et des expériences, ma façon d’appréhender la vie de couple a radicalement changé. En effet, j’en suis à ma troisième expérience de vie à deux, malgré mon jeune âge (oui je suis jeune, viens pas le dire le contraire).
La première, c’était avec quelqu’un que j’avais connu à 15 ans, et avec qui j’ai partagé 7 ans de ma vie. Pour nous deux, vivre à deux c’était tout nouveau tout beau. Mais quand c’est la première fois, forcément on a tendance à faire tout ce qu’il ne faut pas faire. Le côté positif, c’est que la complicité développée est très grande, on grandit un peu ensemble.
Mais nous étions si complices, voire super potes de la mort, que sur la fin, on était limites de se faire des concours de pets, de laisser la porte ouverte quand on allait auw wc, et on se trimballait à poil à tout va. Bref, le tryptique du tue-l’amour.
Sans compter le laisser aller vestimentaire et physique. Je n’ai jamais été aussi ronde qu’à cette époque.
Monsieur se trimballait en slip (je suis slipophobe, t’imagines même pas) toute la journée, et se posait devant sa console ainsi. Au final, on devient plus des bons copains que des amants….
De plus, nous faisions certaines sorties à deux, mais en restant indépendants, à l’extrême. Je trainais avec mes copines jusqu’à 5h du matin, de façon quasi permanente, les moments passés vraiment à deux se faisaient très rares. Bref, il ne me manquait pas plus que ça…hem. A ceux qui me disaient à l’époque “c’est génial d’être aussi indépendants”, j’ai envie de dire : non. Au final, à force de faire tout seule de son côté, tu finis par te dire que t’as pas besoin de l’autre, et tu t’en débarasses vu qu’il ne t’apporte pas grand chose. C’est extrême. Tout comme l’inverse : la fusion totale.
Avec le second, déjà, ayant tous deux vécus avec quelqu’un auparavant, certaines règles se sont imposées d’elles mêmes. Toujours fermer la porte de la salle de bain, ne traîner les fesses à l’air que de temps à autre, pas en faire un mode de vie, ne pas traîner en jogging non plus sans arrêt.
Pour le reste, on était en fusion absolue, jamais l’un sans l’autre, collés comme de la glu, des tourterelles. Au début, c’est toujours chouette la fusion. Mais ça part vite dans l’extrême, parce qu’au bout d’un moment, on ne se supporte plus. On a juste envie de se taper dessus, c’est bien naturel.
Bref, après près de deux ans à ce rythme fusionnel, ça nous a poussé à passer à l’inverse total. A sortir chacun de son côté. On ne faisait plus aucun resto, ni sortie à deux. Pour ne rien gâcher, il était l’équivalent d’une carpe au niveau communication. Il ne me racontait même pas ses journées, ne serait-ce qu’en deux phrases. L’impression de vivre avec un étranger, quelque part…un rêve…passer du mode inséparables au mode colocataires.
Bref. Forcément avec le 3ème, mon z’homme quoi, c’est encore différent, l’air de rien j’ai retenu quelques leçons, faut bien que ça serve à quelque chose :-).
Comme toujours, on ne se pète si possible pas dessus, on ferme toujours la porte de la salle de bain ou des wc, sauf si on souhaite prendre un bain à deux. On ne traîne pas tous nus tout le week end sauf de temps à autre, et on fait un minimum d’efforts quand on reste à la maison pour ne pas avoir l’air de clochards.
Pour le reste, après avoir testé la fusion absolue et l’indépendance excessive, j’ai choisi de tenter de trouver le juste milieu.
On sort très souvent à deux, parce que c’est important de partager des choses, sinon autant vivre seul. Mais on s’autorise toutes les sorties entre filles/ mecs, jusqu’à pas d’heure, à la seule condition de prévenir l’autre dans les temps pour qu’il fasse ce qu’il souhaite. De temps en temps, on se prévoit des restos à deux, histoire de se retrouver en dehors du lieu de vie.
Comme ça, les moments passés à deux sont vraiment des moments qu’on choisit de passer à deux, pas des moments imposés.
Le soir, avant de s’avachir comme des porcs devant la télé, on passe toujours par l’étape racontage de journées devant un verre dans la cuisine, on communique, quoi, on partage. En général, on continue de discuter en mangeant. Vu qu’on passe 2 fois plus de temps avec nos collègues qu’avec nos conjoints (et oui, c’est énorme mais c’est la triste vérité), ce n’est pas du luxe
Tout en restant des individus à part entière. En étant capable de se dire en même temps qu’on est deux. Mais surtout de ne pas se vexer quand l’autre a besoin d’un moment de solitude.
Ainsi, chaque moment partagé est source de bonheur…
Maintenant, le secret pour tenir plus de vingt ans, j’en sais rien, ça je vous le dirai dans 20 ans, OU PAS, n’est ce pas…



