La grève : contre l’obésité et l’épargne des ménages
La lutte contre l’obésité continue, j’ai marché à l’aller et au retour pour me rendre à mon futur-ex job. Je te dis pas comment j’étais trop ravie. Mon sourire était si engageant que les gens se poussaient sur mon passage, éblouis qu’ils étaient.
Bref. En plus de lutter contre l’obésité, la grève, vois-tu, elle t’empêche d’épargner. Si. Je te jure. Démonstration.
Pour rentrer chez moi à pied, il se trouve que je passe par le boulevard Haussmann, ce haut lieu de dépravation. Du coup, je me dis, tiens je vais aller me prendre un pavé numérique, because je bosse chez moi demain, et mon métier fascinant c’est les chiffres. Et taper des chiffres au kilomètre sur un portable, c’est du sport. De haut niveau. Mes petits doigts sont les plus musclés que t’aies jamais vus, me défie pas à un doigt de fer.
Bref. Pour se rendre à la Fnac, fallait passer devant Zara, H&M, Mango, etc.. tous ces endroits de luxure abominables. Alors moi, je vois ça, je rentre pour voir, logique.
Et là. Voilà pas que je me rends compte que la mode actuelle, c’est d’avoir l’air enceinte, équipée d’un airbag, ou de porter un parachute ouvert. Là, je dis non. J’ai pas perdu 13 kilos pour qu’au final mes fringues me donnent l’air de faire 3 tailles de plus. Non.
La mode actuelle, je te le dis, c’est moche. Les mecs ils essaient de te vendre des trucs que même ta grand mère, elle porterait pas. Et ils y arrivent, regarde un peu les filles dans la rue, tu verras. Vomis. Voilà c’est fait.
Tu rajoutes à ça que pas moyen de trouver un seule vraie taille 1 ou S dans tous ces foutus magasins. Limite j’ai songé à aller m’habiller chez les enfants ou carrément chez Jennyfer ou Pimkie. Ris pas, c’est pas drôle.
Par miracle, il restait UNE jupe en 34 chez Camaïeu. Ras la fesse, certes, mais on s’en fout, j’aime sentir l’air vivifiant de l’hiver. Mais j’étais pas satisfaite. Un achat, c’est pas du shopping, c’est du pain sec et de l’eau.
Ca fait près d’un an que je suis raisonnable et que j’accumule la frustration shoppesque. J’ai pas la bave aux lèvres, mais presque. Alors, ne rien trouver à mon goût dans le temple de la luxure (le Printemps, quoi, suis un peu bordel), ça m’a tué le moral et je me suis rentrée doucement à pied, les larmes aux yeux, le cheveu au vent, et les pieds transis de froid. J’en rajoute pour que t’aies pitié, fais semblant au moins.
Mais en fait, y avait plein d’autres magasins sur le chemin. Et ma carte bleue, je comprends pas, elle n’arrêtait pas de sauter hors du sac, toute brûlante de désir, la sa*lope, elle est devenue totalement incontrôlable. Elle vivait sa vie, quoi. Et j’aime pas l’idée d’empêcher la vie de suivre son cours, c’est beau la vie, ça se respecte. Alors j’ai laissé ma CB vivre sa life…et me faire entrer dans 5 magasins différents.
Je te montrerais pas le résultat, je suis en train de planquer les objets du délit dans mes placards.




