Contre des moulins à vent
Attention: billet pas drôle
Cette charmante vue est celle que j'ai le matin en traversant le canal pour me rendre à mon travail. Vous les avez sûrement vus aux actualités, ce sont les tentes de sdf qu'ont installé les Enfants de Don Quichotte le long du canal.
Non ne paniquez pas, je ne vais pas vous faire un discours sur la misère et essayer de vous apitoyer.
C'est juste que malgré mes années passées en France, j'ai toujours autant de mal à me retrouver chaque matin confrontée à cette misère. Comment fait-on pour passer son chemin comme si l'on n'avait rien vu ?
Chaque fois, je me sens coupable. Coupable d'avoir un toît, un lit, à manger. Mais comme tout le monde, j'oublie, très vite, dès que j'ai passé la porte de chez moi.
L'être humain a cette capacité formidable à occulter tout ce qui le dérange, à avancer avec des oeillères. Il suffit de n'allumer ni télé ni radio, de n'acheter aucun journal, pour vivre dans une petite bulle, à l'abri des choses désagréables.
Je ne blâme personne, nous le faisons tous. Mais que se passerait-il si d'un seul coup, chaque personne enlevait ses oeillères et cessait de passer son chemin ?




